On parle souvent des ailiers parce que ça va vite, des numéros 9 parce que ça se compte, et des défenseurs parce que ça rassure. Mais l’ASSE, elle, se jouera au milieu. Là où ça ne se voit pas toujours. Là où ça se gagne pourtant presque tout le temps. Et ces derniers jours, une évidence s’impose: le chantier n’est pas une lubie de projection, c’est une question de hiérarchie, de santé, et de cohérence.

Le cas le plus sensible, c’est celui d’Aimen Moueffek. Le joueur a un statut affectif, une histoire, une identité club. Mais le football ne signe pas de CDI à l’émotion. Cette saison, il n’a pas retrouvé son meilleur niveau, et surtout il n’a pas enchaîné. Fragilité physique, rythme haché, difficulté à peser quand l’intensité monte: tout cela dessine une sortie de route probable à l’été, même si la porte de sortie reste incertaine selon le marché et les paramètres contractuels.

À côté, Florian Tardieu apparaît comme un dossier plus “logique”: un joueur expérimenté, utile, mais dont la place dans la rotation future interroge. Si l’ASSE monte, le milieu devra absorber plus de courses, plus de duels, plus de transitions subies. Et là, la question n’est pas de juger le joueur, mais de juger l’adéquation. Le football moderne est parfois ingrat: il ne te demande pas si tu es bon, il te demande si tu es bon au bon endroit, au bon moment, dans le bon rythme.

Le retour de Jaber, et la question qui suit: qui joue, et pour quoi faire?

Mahmoud Jaber, lui, est attendu comme on attend une pièce manquante. Son retour est évoqué, mais le calendrier reste flou: on est sur du probable à moyen terme, mais incertain sur l’impact immédiat. Et c’est là que Montanier devra être fin: réintégrer un joueur, ce n’est pas seulement le remettre sur une feuille de match. C’est lui redonner des repères, un rôle, et une place dans une mécanique qui a trouvé un certain équilibre.

Ce débat sur le milieu dépasse les noms. Il touche à la structure: qui est la sentinelle, qui est le relayeur, qui est le joueur de rupture, qui est le joueur de contrôle. L’ASSE a retrouvé une forme de cohérence défensive, mais elle a encore des séquences où elle subit trop dans ses temps faibles. Et ça, c’est souvent un problème de milieu: distances, duels, couverture, capacité à ressortir proprement sans rendre le ballon comme un cadeau de fin d’année.

Enfin, l’été qui arrive ne sera pas seulement un mercato de “plus”. Ce sera un mercato de choix. Et les choix, à l’ASSE, ont une particularité: ils sont rarement neutres. Ils disent ce que le club veut devenir. S’il veut grandir, il devra accepter de trancher. Même quand ça fait un peu mal. Surtout quand ça fait un peu mal.