La tentation du grand ménage… et l’art de ne pas se tromper de chantier
À Saint-Étienne, le mercato est une saison dans la saison. Et celui de l’été 2026 s’annonce comme un exercice de funambule: préparer la Ligue 1 sans la regarder comme si elle était déjà réservée. Il reste dix matches, donc tout est encore fragile. Mais une chose est déjà nette: l’ASSE a une base plus intéressante qu’il y a deux ans. Plus jeune, plus bankable, plus technique. Et pourtant, si la montée se confirme, il faudra retoucher. Pas pour faire joli. Pour survivre.
Le débat “recrutement qualitatif ou quantitatif” est souvent un faux duel. La vraie question, c’est la précision. L’ASSE n’a pas besoin de 11 nouveaux joueurs pour exister. Elle a besoin de quelques profils qui sécurisent les zones où la marge est trop fine. Le poste de gardien revient comme une évidence: même si le titulaire actuel peut rendre service, la Ligue 1 ne pardonne pas les périodes de flottement. Derrière, l’axe a des options, mais la profondeur paraît courte dès qu’un pépin physique arrive. Et sur les côtés, le latéral droit ressemble à un poste où l’ASSE a trop souvent vécu sur des paris. En Ligue 1, les paris se transforment vite en cauchemars du samedi soir.
Au milieu, le sujet est encore plus sensible. L’équipe a des joueurs capables de dominer la Ligue 2, mais la Ligue 1 demande autre chose: de l’impact, de la répétition, de la densité. Mahmoud Jaber, quand il est là, change la respiration. Mais dépendre autant d’un seul joueur, c’est une stratégie qui finit toujours par se payer. L’ASSE doit ajouter un ou deux profils capables d’absorber les duels, de couvrir large, de tenir le tempo quand le match devient sale. Et devant, si la qualité est réelle, la vitesse pure et la percussion sur les côtés peuvent vite devenir un luxe indispensable, pas un bonus.
Ce qui rend l’exercice délicat, c’est la tentation de tout juger à l’instant T. Certains joueurs ont progressé, d’autres sont encore inconstants. Et c’est là que l’ASSE doit être froide: la Ligue 1 n’attend pas que tu deviennes régulier, elle te le réclame dès août. Le bon mercato, ce n’est pas celui qui fait du bruit. C’est celui qui réduit la variabilité. Un gardien qui rassure, un défenseur central qui stabilise, un latéral droit fiable, un milieu plus dense, un ailier qui va vite et qui répète. Le reste, c’est du confort. Et Sainté, ces dernières années, a déjà assez payé pour savoir que le confort, ça se mérite.