Trois points, deux buts, et une question qui colle aux crampons
On ne va pas faire les difficiles: gagner, c’est respirer. Et l’ASSE a encore pris une grande bouffée d’air en dominant Laval 2-1, grâce à Zuriko Davitashvili et Augustine Boakye. Troisième victoire de suite, deuxième place récupérée, et un classement qui recommence à ressembler à une promesse plutôt qu’à une menace. Sur le papier, c’est propre. Dans le Chaudron, c’est même souvent beau. Mais dans le match, il reste ce petit bruit de fond: la maîtrise n’est pas encore un réflexe.
Le scénario a été idéal pour se simplifier la vie: frapper tôt, installer une forme de contrôle, puis punir encore. Sauf que l’ASSE, ces dernières semaines, a parfois une relation compliquée avec l’idée de tuer un match. Dès que l’avantage est là, le rythme peut retomber, les passes se raccourcir, les courses se raréfier. Et l’adversaire, même limité, se remet à exister. Laval a fini par marquer, et la fin de rencontre a rappelé une vérité simple: en Ligue 2, personne ne te laisse un match tranquille, surtout quand tu portes un maillot qui fait monter la température des tribunes adverses.
Ce qui rassure, c’est que la solidité collective est en train de devenir une habitude. L’équipe encaisse moins de vagues longues, souffre davantage par séquences que par naufrages. C’est une nuance énorme. Philippe Montanier a remis de l’ordre, et l’ASSE ressemble enfin à une équipe qui sait ce qu’elle veut faire quand elle n’a pas le ballon. Mais pour passer du “ça gagne” au “ça impose”, il manque encore ce cran: tenir 90 minutes avec la même intensité, la même exigence, la même faim. Probable que ça vienne avec la confiance. Incertain que ça arrive sans un match référence, celui où l’ASSE ne laisse pas la porte entrouverte.
Au milieu, Boakye continue de donner une direction. Il ne fait pas tout, mais il donne du sens: il relie, il oriente, il accélère quand il faut. Devant, Lucas Stassin apporte autre chose que des buts: des appels, des fixations, une présence qui oblige les défenses à reculer. C’est utile, parfois même précieux. Mais l’ASSE ne pourra pas éternellement compter sur des éclairs et des débuts de match parfaits. La montée, elle, se gagne aussi dans les minutes où l’on n’a pas envie, où l’on n’a plus de jus, où l’on doit quand même être sérieux. Et là, Sainté est encore en chantier.