Un groupe de 18 qui dit beaucoup plus qu’il n’en a l’air

Il y a des veilles de match où l’on guette une compo comme on guette un verdict. ASSE–Laval, ce samedi 21 février 2026 à 20h à Geoffroy-Guichard, en fait partie. Parce que la Ligue 2 ne pardonne rien, parce que la montée ne se gagne pas au style mais à la répétition, et parce que Philippe Montanier commence à imprimer sa patte… sans forcément faire de bruit.

Le groupe convoqué est clair, net, sans fioritures. Deux gardiens, six défenseurs, quatre milieux, six attaquants. Et surtout une idée qui se dessine: Montanier veut des profils capables d’encaisser le rythme, de tenir un plan, et de ne pas se dissoudre dès que le match se referme. Ce n’est pas glamour, mais c’est souvent comme ça qu’on remonte.

La première information, c’est la présence de Florian Tardieu dans les 18. Son retour remet une pièce dans la machine, et pas n’importe laquelle: celle du contrôle. Tardieu, c’est le joueur qui peut ralentir quand tout s’emballe, qui peut donner un tempo quand le ballon brûle. Mais c’est aussi, et ce n’est pas nouveau, un profil qui doit prouver qu’il peut défendre en avançant, pas en regardant les autres le faire. Son cas n’est pas une affaire de réputation: c’est une affaire de compatibilité avec l’exigence du moment.

En face, la dynamique pousse Igor Miladinovic. Depuis janvier, il a gagné en continuité, en volume, en agressivité. Il n’a pas encore tout, loin de là, mais il a ce que la Ligue 2 adore: la répétition des efforts et la disponibilité. Et quand un joueur commence à enchaîner sans se cacher, il devient vite difficile à sortir, même si le CV du concurrent est plus épais.

Au milieu de ce duel, Aïmen Moueffek reste une énigme de saison. Le talent est là, la percussion aussi, mais la régularité a été grignotée par les pépins physiques et un déchet qui casse des séquences. Ce n’est pas un jugement définitif, plutôt un constat du présent: aujourd’hui, il doit reconquérir du terrain. Et dans une course à la montée, le présent a souvent le dernier mot.

Autre signal: Abdoulaye Kanté est bien là. Si sa présence se confirme dans le onze, elle peut conditionner tout le reste. Avec un vrai point d’ancrage, l’ASSE peut se permettre un milieu plus créatif autour. Sans lui, on retombe vite dans le dilemme classique: mettre des artistes et prier pour que ça tienne, ou mettre des travailleurs et espérer que ça marque quand même.

Devant, le groupe aligne de quoi faire mal. Irvin Cardona, Zuriko Davitashvili, Lucas Stassin, Augustine Boakye, Ben Old, Joshua Duffus: il y a des profils différents, des vitesses, des appuis, des idées. L’incertitude, elle, n’est pas sur le talent brut. Elle est sur la capacité à être patient contre une équipe qui viendra surtout pour survivre, casser le rythme, et transformer le match en test de nerfs. Laval n’a pas besoin d’être brillant pour être pénible. Il lui suffit d’être discipliné.

La défense, elle, s’articule autour de cadres identifiés: Gautier Larsonneur, Dennis Appiah, Mickaël Nadé, Julien Le Cardinal, Ebenezer Annan, Kévin Pedro, Aboubaka Soumahoro. Là aussi, Montanier semble chercher une chose simple: une base stable. Pas forcément la plus spectaculaire, mais celle qui évite les cadeaux. En Ligue 2, les cadeaux coûtent des semaines.

Ce match, enfin, est un révélateur de méthode. Montanier n’a pas besoin de révolutionner pour marquer. Il a besoin de choisir juste. Et ce samedi, son choix le plus scruté ne sera pas forcément devant. Il sera au milieu, là où se décide la température du match. Contrôler, presser, ou alterner. La montée, souvent, commence par une décision de ce genre.