On peut gagner un match et rester fragile. On peut aussi gagner un match et commencer à se réparer. L’Inside Match, lui, ne ment pas: il ne montre pas la vérité entière, mais il montre la direction. Et la direction actuelle de l’ASSE, c’est un mot qui revient sans cesse, même quand personne ne le prononce: cadrage.
Philippe Montanier n’a pas débarqué pour réinventer le football. Il a débarqué pour remettre l’équipe dans un état jouable. Ça se voit dans les attitudes, dans les séquences de travail, dans la manière de parler. Moins de grands concepts, plus de repères. Moins de promesses, plus de consignes. Le genre de recette qui ne fait pas rêver les poètes, mais qui fait gagner des points en Ligue 2.
Le détail le plus parlant, c’est le retour aux fondamentaux défensifs. Pas seulement “défendre mieux”, mais défendre ensemble. Revenir, fermer, couvrir, répéter. Dans une équipe qui a parfois donné l’impression de se couper en deux cette saison, ce n’est pas un ajustement: c’est une réparation structurelle. Et quand on voit un staff insister sur ces séquences, on comprend que la priorité n’est pas de faire joli. La priorité est de redevenir solide, donc crédible.
Le vestiaire, ce théâtre où tout se joue
Dans ce type de contenu, le vestiaire est toujours un révélateur. Pas parce qu’on y apprend des secrets tactiques, mais parce qu’on y mesure la température. Irvin Cardona, par exemple, apparaît comme un joueur qui sait parler au groupe. Pas besoin d’en faire des tonnes: il suffit d’être juste, au bon moment, avec les bons mots. Ce n’est pas un détail. Dans une course à la montée, les équipes qui tiennent sont souvent celles qui ont deux ou trois relais internes capables de maintenir la tension sans hystérie.
Montanier, lui, apporte une forme de sérénité qui tranche. Pas la sérénité molle, celle qui endort. La sérénité qui cadre, qui rassure, qui remet chacun à sa place. C’est une nuance importante. Parce que l’ASSE n’a pas seulement besoin de confiance: elle a besoin de confiance organisée. La confiance qui ne part pas en fumée au premier but encaissé, ni au premier quart d’heure raté.
On voit aussi des signaux plus fins: l’attention portée aux corps, aux efforts, aux risques musculaires, à la gestion. Ce n’est pas spectaculaire, mais c’est exactement ce qui fait la différence entre une équipe qui finit fort et une équipe qui finit sur les rotules. Et si l’ASSE veut vraiment tenir un rythme de montée, elle devra gagner autant avec ses jambes qu’avec sa tête.
Alors oui, un Inside reste un Inside: c’est une vitrine, pas un scanner médical. Mais aujourd’hui, cette vitrine raconte quelque chose de cohérent. Une équipe qui se remet à travailler dans le bon sens. Un staff qui remet des règles simples. Un vestiaire qui recommence à se parler utilement. Et, au passage, une petite pointe d’ironie: quand l’ASSE va mieux, ce n’est pas parce qu’elle a trouvé une formule magique. C’est parce qu’elle a recommencé à faire les choses basiques… correctement. Comme quoi, le football est parfois un sport très moderne, mais rarement compliqué.