Owusu, le dossier qui ne fait pas de bruit… mais qui compte

Il y a les sujets qui font du bruit, et ceux qui font gagner du temps. Beres Owusu appartient clairement à la deuxième catégorie. Pas de une tapageuse, pas de polémique, pas de débat sans fin sur le système. Juste une réalité: le joueur est sous contrat avec l’ASSE jusqu’en 2027, son prêt se termine en juin, et il a accumulé du temps de jeu. Donc, mécaniquement, il redevient un sujet sportif et économique.

Les chiffres qui circulent parlent d’environ 18 matches et 1620 minutes, avec un but. Niveau d’info: probable (cohérent avec un titulaire régulier), mais à confirmer précisément par une source statistique officielle du club prêteur. Le point important, lui, est plus simple: Owusu joue. Et un joueur qui joue en prêt, c’est déjà un joueur qui existe.

Le contexte, en revanche, oblige à nuancer l’enthousiasme. Il ne s’agit pas d’un prêt dans une équipe qui roule sur son championnat. On parle d’un club mal classé en Bundesliga autrichienne, avec une défense très perméable (32 buts encaissés en 19 matches, chiffre avancé). Niveau d’info: probable, mais là encore, à recouper. Dans ce décor, un défenseur peut progresser… ou prendre de mauvaises habitudes. Les deux sont possibles.

Et c’est là que l’ASSE doit être lucide. Si Owusu revient, ce n’est pas pour « faire le nombre ». Le club a déjà un embouteillage défensif annoncé, avec des profils différents, des statuts, des salaires, des blessures, des retours. Ajouter un joueur de plus n’a de sens que s’il coche une case claire: polyvalence, vitesse, duel, relance, ou potentiel de revente. Sinon, c’est un dossier qui s’empile, et l’ASSE a déjà donné dans l’armoire trop pleine.

Trois scénarios se dessinent, sans avoir besoin de jouer au devin. Le premier: retour et intégration. Il suppose que le staff voit en lui une option crédible, au moins dans la rotation, et qu’il peut s’adapter vite à l’exigence d’un sprint de fin de saison, voire à un projet Ligue 1 si la montée se confirme. Le deuxième: vente. Si une option d’achat existe réellement et qu’elle est faible (250 000 € est évoqué), l’ASSE doit surtout s’assurer de ne pas laisser filer un actif sans contrôle. Niveau d’info: incertain sur le montant et même sur l’existence exacte de l’option, faute de source officielle. Le troisième: nouveau prêt. C’est souvent la solution la plus confortable quand on veut prolonger l’évaluation sans bloquer l’effectif.

Le piège, ce serait de traiter Owusu comme un détail administratif. Parce que ce genre de détail, en juin, devient vite un choix structurant: une place dans le groupe, une place sur la feuille de paie, une place dans la stratégie de recrutement. Et l’ASSE, qui a déjà commencé à penser l’été avant même d’avoir fini l’hiver, n’a pas intérêt à se retrouver avec un dossier de plus à gérer dans l’urgence.

Owusu n’est peut-être pas une priorité médiatique. Mais c’est typiquement le genre de joueur qui peut devenir une bonne surprise… ou une occasion manquée. À Saint-Étienne, on sait faire les deux. Reste à choisir la bonne version.