Un détail qui tombe mal… ou pile au bon moment

À l’ASSE, il y a des semaines où tout paraît simple. Deux victoires, un coach neuf, une défense qui respire, et Geoffroy-Guichard qui se prépare à avaler Laval comme un amuse-bouche. Et puis il suffit d’un petit caillou dans la chaussure pour rappeler que la montée, ce n’est jamais une ligne droite. Ce caillou, aujourd’hui, c’est une remarque qui a fait tilt: Lucas Stassin, Mickaël Nadé et Aimen Moueffek ne figurent pas sur les photos de l’entraînement du jour.

On parle bien de photos, pas d’un communiqué médical. Donc prudence. Niveau d’info: incertain. Mais dans une semaine qui mène à un match de Ligue 2 programmé le samedi 21 février 2026 à 20h contre Laval, chaque absence potentielle change la lecture du plan de match.

Le premier réflexe, c’est de se dire que l’ASSE gère. Montanier a déjà montré qu’il voulait un groupe concerné, des rotations maîtrisées, et surtout une équipe capable de tenir un match sur la durée, pas seulement de jouer 45 minutes de gala avant de serrer les dents. À Guingamp, il a lui-même insisté sur ce point: la première période doit devenir la norme, pas l’exception.

Mais si l’absence de ces trois-là dépasse la simple gestion, alors on touche à trois zones sensibles. Stassin, c’est la pointe, le point de fixation, celui qui donne un sens aux courses autour. Nadé, c’est le rempart aérien, le duel, la présence qui rassure quand ça commence à pleuvoir des centres. Moueffek, c’est l’intensité, la capacité à recoller les morceaux quand le match se déforme. En enlever un, ça se compense. En enlever trois, ça oblige à réécrire la partition.

Le plus probable, si l’on reste rationnel, c’est un mélange de précaution et de micro-pépins. Montanier a déjà expliqué, sur d’autres dossiers d’infirmerie, qu’il ne voulait pas donner de délais quand l’évolution n’est pas parfaitement lisible. Il l’a dit noir sur blanc début février: certains absents ont une durée « difficile à estimer » et il préfère éviter les dates. Cette culture du flou, elle protège le vestiaire… et elle nourrit forcément les hypothèses.

Alors, que faire de ce signal? D’abord, ne pas paniquer. Ensuite, regarder ce que ça ouvre comme options. Si Stassin devait être ménagé, l’ASSE peut imaginer une animation plus mobile, avec un attaquant qui décroche davantage et des ailiers qui attaquent la surface. Si Nadé devait manquer, la question n’est pas seulement « qui le remplace », mais « quel type de défense on veut »: plus de relance, plus de vitesse, ou plus de sécurité dans la surface. Et si Moueffek devait être absent, c’est l’équilibre du milieu qui devient un sujet: qui met le bleu de chauffe, qui parle, qui coupe les transitions, qui garde la tête froide quand le match devient un bras de fer.

Au fond, cette histoire de photos rappelle une vérité simple: l’ASSE version Montanier a retrouvé une direction, mais pas encore une marge. Laval arrive avec l’étiquette d’adversaire abordable sur le papier, et c’est précisément ce qui rend la soirée dangereuse. Dans ce contexte, la moindre incertitude physique n’est pas un drame… à condition que le collectif reste au centre. Et ça, pour le coup, c’est plutôt une bonne nouvelle depuis quinze jours.